Antoine Barthomieux (1884 – ?)

 

Antoine Albert Barthomieux nait  le 30 mai  1884 à Chambourcy, dans les Yvelines. Fils d’instituteur, il apprend très tôt la lecture et se découvre rapidement  un goût prononcé pour les œuvres fantastiques. Il se passionne pour les romans de Jules Verne, avant de découvrir les nouvelles de Guy de Maupassant et l’univers envoutant d’Edgar Alan Poe au travers des traductions de ses nouvelles par Charles Baudelaire.

 

En octobre 1894, ses excellents résultats scolaires lui permettent d’entrer en classe de 6e à l’internat du lycée Hoche à Versailles. L’orientation très littéraire de l’enseignement dispensé par l’établissement lui fait découvrir, à travers les grands philosophes grecs et latins, l’art de la politique et de la rhétorique, disciplines pour lesquelles il nourrit une certaine fascination. Mais son imagination juvénile rêve de s’essayer à l’écriture de récits romanesques. Hélas ! Il réalise rapidement qu’il ne possède ni le génie ni l’inspiration des écrivains célèbres qu’il affectionne alors, comme Alexandre Dumas ou Victor Hugo.

 

C’est en janvier 1898 qu’il découvre sa vocation quand, à l’acquittement du traitre Esterhazy, éclate le scandale de l’affaire Dreyfus sous la plume d’Emile Zola dont il est un lecteur assidu. Le ton provocateur du journaliste séduit son caractère affranchi et l’encourage à rejoindre l’équipe de rédaction du journal de son lycée. Par la pertinence de son analyse de l’actualité, ses articles font sensation, tant auprès de ses camarades que de ses professeurs.

En 1901, titulaire du baccalauréat de lettres, il s’inscrit à la faculté de droit de Paris, mais il consacre moins de temps à ses études qu’à rédiger ses premiers articles politiques qu’il propose aux principaux journaux parisiens. Mais la concurrence est rude et il ne parvient que fort rarement à être publié.

 

C’est en 1902 que le hasard place sur sa route Maurice Bunau-Varilla. Antoine reconnait  le président du conseil d’administration du journal « Le Matin » à l’entrée d’un restaurant et, sans se démonter, ose l’accoster pour faire valoir ses qualités journalistiques. L’audace de Barthomieux lui assure les faveurs de l’homme d’affaire et il obtient un rendez-vous avec le rédacteur en chef qui lui propose de débuter à la rubrique faits divers.

 

Antoine Barthomieux accepte le poste et quitte sans regret l’université. Attentif aux conseils de ses pairs, il apprend vite les ficelles du métier, et comprend que le succès repose sur l’essentialité de couvrir les événements avant la presse concurrente. Afin de développer un réseau performant d’informateurs potentiels, il se rapproche des milieux populaires et entretient d’étroites relations avec les petits métiers, cafetiers, garçons de course, vendeurs de journaux, conducteurs de taxi…  Le caractère inédit et détaillé de ses articles est rapidement félicité par sa hiérarchie mais, s’il s’attire l’animosité jalouse de ses collègues, on ne lui propose aucune promotion.

 

En aout 1903, quand il apprend par un jeune coursier de son réseau qu’un début d’incendie s’est déclaré dans un train sur la ligne 2 du métropolitain et que les voyageurs ont été évacués de la rame à la station Allemagne (aujourd’hui station Colonel Fabien), il décide de provoquer sa chance. S’adjoignant la collaboration de Marcel Pouchevy, brillant investigateur mais journaliste sur le déclin, il précède ses collègues sur les lieux et rédige un article qui passera à la une du numéro le lendemain.  La récompense ne se fait pas attendre : on le nomme chroniqueur de la rubrique faits divers.

 

Mais ce poste n’est pour Barthomieux qu’un tremplin, car il est avant tout préoccupé par l’instabilité politique en France. Il souhaite plus que toute chose devenir familier des coulisses des gouvernements qui se succèdent. Barthomieux se rapproche stratégiquement de Maurice Bunau-Varilla et, par son entremise, réussit à rencontrer des personnages politiques influents, comme Aristide Briand, ou Georges Clémenceau. En 1906, il devient inévitablement responsable de la rubrique politique.

 

Toutefois, dreyfusard convaincu depuis 1898, son poste ne lui donne pas légitimité à assister à la réhabilitation d’Alfred Dreyfus. Ce sera pour lui une immense vexation qui le pousse à reprendre ses cours de droit. En 1909, il obtient la responsabilité de la rubrique judiciaire.

 

Prochaine étape : le poste de rédacteur en chef !

 

Et pour ceux qui auront fini la lecture du livre, la fin de la biographie en cliquant sur le lien ci-dessous.

 

 

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