Marcel Pouchevy (1862 – ?)

 

 

Fils de Guy Pouchevy, tourneur à l’usine d’onyx d’Alphonse Pallu, et de Madeleine Crandeau, femme de chambre au Grand Hôtel de la Cloche, rue Richard Lenoir, Marcel Pouchevy nait le 23 mars 1862 dans le quartier de 20e arrondissement, rue Monte Cristo, à quelques pas du Père Lachaise.

 

Cadet d’une famille de sept enfants, quatre filles et trois garçons, il aide rapidement à l’éducation des plus jeunes. Hélas, les revenus de la famille ne suffisent pas toujours à répondre aux besoins de tous, et Madeleine Crandeau quitte le Grand Hôtel de la Cloche pour une place de camériste auprès de la  Comtesse de Marlezac, à l’hôtel Titon, au 58 rue du Faubourg Poissonnière. Le salaire est intéressant, mais logée et nourrie, elle confie la garde de ses enfants à sa sœur Geneviève.

 

L’école ne revêt pas encore un caractère obligatoire, et l’aide de Marcel à la maison est trop précieuse pour envisager de l’y envoyer. Par chance, Geneviève a épousé un jeune libraire, Bastien Rupoix, qui supplée l’absence d’instruction du jeune Marcel en lui enseignant la lecture et l’écriture. Curieux et passionné, le jeune garçon consacre le peu de temps libre que lui laissent ses corvées quotidiennes à dévorer les livres que lui procure son oncle. Il découvre ainsi avec un enthousiasme démesuré les romans d’aventures et les feuilletons dans les journaux.

 

Bastien Rupoix décide finalement de plaider la cause de son neveu auprès de ses parents qui finissent par donner leur accord. En 1870, Marcel est inscrit dans une des premières écoles gratuites du XXe arrondissement. Il décroche son certificat d’études avec excellence en 1874 ce qui lui ouvre droit à  une bourse d’études dont il ne profitera pas compte tenu des difficultés financières de la famille.

 

Il devient alors commis dans une quincaillerie, mais le propriétaire, malhonnête, profite de chacune de ses maladresses pour lui diminuer ses gages. Le jeune Marcel Pouchevy démissionne et devient crieur de journaux pour « Le Petit Journal ».

Il découvre la laideur du monde de la rue et réalise que la réussite sociale ne repose que sur la soif de chacun à s’en sortir. Il ne peut compter que sur lui-même. Aussi sollicite-t-il à plusieurs reprises son employeur pour un poste mieux rétribué, mais son jeune âge est un frein définitif à toute évolution.

 

Infatigable, il profite de ses nuits pour écrire un feuilleton qu’il propose à différents journaux, mais personne n’accepte de publier sa prose.

 

A 16 ans, il parvient à obtenir un poste de coursier au « Petit Journal » qui lui ouvre enfin les coulisses du monde de la presse et lui fait entrevoir la diversité insoupçonnée de métiers qu’il peut envisager. Il sera successivement affecté à différents services, de la papeterie à la comptabilité, en passant par l’entretien des rotatives et les messageries. Travailleur et efficace, il s’adapte à toutes les tâches qu’on lui propose et est apprécié de tous. Il obtient rapidement la confiance de ses supérieurs et devient, en janvier 1884, responsable de l’atelier typographique.

 

Mais le travail de bureaucrate n’est pas fait pour Marcel Pouchevy. Il  s’est progressivement rapproché des journalistes les plus productifs et a appris, à leurs côtés, la recette du bon article. Il décide de se lancer et propose au  directeur de rédaction quelques reportages, mais on lui fait comprendre qu’on n’envisage pas pour lui d’autre carrière que l’administration.

Pouchevy tente sa chance auprès d’autres journaux, et se présente aux bureaux du journal « Le Matin Français » créé depuis seulement quelques semaines, où le directeur Alfred Edwards se montre sensible au langage authentique de ses articles. Sa carrière de journaliste est lancée. Il abandonne son poste au « Petit Journal » pour devenir reporter pour « Le Matin ».

 

En 1885, il fait la connaissance d’une charmante jeune fille, Ernestine Galzan, opératrice à l’atelier des linotypes. Elle deviendra sa femme et lui donnera trois enfants, Ernest, Jean et Appoline. Ils forment une famille heureuse et, sans que nul ne lui reproche quoi que ce soit, Marcel Pouchevy apprend à consacrer moins de temps à son travail et plus de temps à sa famille.

 

En 1902, à la mort de sa femme décédée des suites d’une pneumonie, il sombre dans l’alcoolisme, faiblesse qui lui vaut d’être convoqué par son rédacteur en chef, Stéphane Lauzanne. Ce dernier lui propose un poste administratif à condition qu’il cesse ses excès de boisson. Conscient de l’image déplorable qu’il renvoie à ses enfants comme à ses proches, Pouchevy se ressaisit et accepte le poste, mais il regrette rapidement son indépendance passée et le travail de terrain.

En 1903, il profite de l’ambition d’un jeune journaliste dreyfusard, Antoine Barthomieux, pour regagner ses galons. Ils couvrent ensemble un incendie meurtrier dans le métropolitain, et devancent la presse concurrente en publiant leur article dans une édition spéciale le soir même de l’incident. Leur papier fait sensation et Barthomieux se voit confier la rubrique des faits divers.

 

A partir de ce jour, les deux hommes font équipe : tandis que Marcel Pouchevy mène les investigations et parvient, par sa jovialité et son baratin, à obtenir la collaboration ou les révélations des plus récalcitrants, Antoine Barthomieux surprend par le style littéraire et provocateur de ses articles, mais aussi par la pertinence de ses analyses politiques ou sociales.

 

Et pour ceux qui auront fini la lecture du livre, publication de la fin de la biographie le 1er avril 2017 !

 

 

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