Yolande Varel (1888 – ?)

 

 

Fille de Maxime Varel, chef d’atelier à la dentellerie Lefébure et de Marie Fragier, dentelière dans cette même manufacture, Yolande Varel nait le 17 septembre 1888 à Bayeux. Bénéficiant d’une éducation bourgeoise que lui permettent les revenus confortables du foyer, elle passe paisiblement les premières années de sa vie entre sa sœur aînée Valentine et son frère cadet Achille. Son père, mélomane et violoncelliste à ses heures, la sensibilise dès son plus jeune âge à la grande musique, tandis que sa mère, féministe convaincue, lui enseigne le droit des femmes et lui fait partager ses lectures engagées.

 

A l’âge de 6 ans, Yolande rejoint sa sœur sur les bancs de l’école communale, mais prolonge volontiers sa soif d’apprendre en s’initiant aux premières étapes de la conception d’une dentelle, le dessin, le piquage et la trace, mais aussi en apprenant le piano et la danse. Elle décrochera son certificat d’études 6 ans plus tard .

 

Quand au cours de l’exposition Universelle au printemps 1900, son père assiste à la remise du Grand Prix décerné à la maison Lefébure, il rencontre Marie Callot que ses talents de dentelier et de créateur intéressent. Elle lui propose une place dans l’atelier création de sa maison de haute couture, Callot Sœurs, à Paris. Maxime hésite : l’offre est aussi intéressante qu’inespérée, tant artistiquement que financièrement, mais il n’est pas question pour lui d’ascension sociale sans y associer sa femme. Le couple monte à Paris pendant l’été et  Marie Varel finit par trouver une place à l’atelier de guipure de la maison Redfern.

 

La famille Varel s’installe finalement rue La Bruyère, dans le 9e arrondissement et Yolande est inscrite au lycée Lamartine, où  elle obtient, plusieurs années successives, tableau d’honneur ou prix d’excellence. Elle est tout particulièrement remarquée en dessin et en travaux d’aiguille, mais aussi en littérature française. Elle présente avec succès le baccalauréat en 1907 et ses professeurs l’encouragent à présenter l’école normale supérieure pour jeunes filles, mais Yolande Varel ne se destine pas à l’enseignement. Elle veut rester dans les traces de ses parents et devenir styliste.

 

Sur les recommandations de sa mère, elle est embauchée comme couturière chez Redfern, mais on la cantonne à des travaux répétitifs qui ne satisfont ni sa créativité, ni son désir de notoriété.

 

En 1908, Lucien Vogel visite les ateliers Redfern pour les besoins d’un reportage à paraître dans la revue Fémina. Parmi les jeunes couturières affairées à leurs tâches, il choisit de photographier Yolande Varel dont le charisme ne pourra que séduire les lecteurs. Quand il échange avec elle sur les conditions de travail, il découvre derrière cette jeune fille qui se morfond dans son atelier une femme d’esprit, très au fait des dernières tendances haute-couture et experte en confection et dentellerie. Il voit en elle  le symbole de l’émancipation féminine.

 

Vogel suggère à Yolande Varel de s’essayer au journalisme de mode et lui ouvre ainsi de nouvelles perspectives de carrière. Avec la bénédiction de ses parents qui espèrent pour elle un brillant avenir, elle quitte la maison Redfern pour écrire ses premiers articles et démarcher les revues de mode dans l’espoir d’être publiée. Dans les bureaux du « Petit Echo de la Mode », elle croise la baronne de Chessy, rédactrice en chef, qui s’enthousiasme pour son appréciation sensuelle et artistique de la mode et lui propose un contrat d’exclusivité que Yolande s’empresse d’accepter. Ses articles font sensation et, au-delà des présentations de collection, Yolande Varel est bientôt invitée à tous les événements mondains.

 

En 1909, alors qu’elle assiste à un défilé de modèles de la maison Paul Poiret, elle fait la connaissance du couturier et de sa femme Denise avec laquelle elle se lie d’amitié. En quelques mois, remplaçant à ses côtés Denise que les joies de la maternité retiennent à leur domicile, Yolande Varel devient l’égérie de Paul Poiret. C’est la consécration : elle est reçue dans tous les salons parisiens et se trouve assaillie de propositions étourdissantes émanant des revues féminines les plus en vogue, mais « Le Petit Echo de la Mode » n’entend pas perdre la face et crée pour elle un poste d’Ambassadrice de la Mode, qui consiste en une chronique mondaine révélant aux lectrices les nouvelles tendances de la bonne société. Lucien Vogel s’en inspirera pour créer en 1912 « La Gazette du Bon Ton ».

 

Discrète sur sa vie privée, Yolande Varel décourage les séducteurs et décline plusieurs demandes en mariage. Elle aurait même reçu les avances du Prince héritier Alexandre de Serbie, en visite officielle à Paris.

 

Et pour ceux qui auront fini la lecture du livre, la fin de la biographie en cliquant sur le lien ci-dessous. 

 

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